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Si la France, l’Europe a évité de peu samedi dernier, 4 Novembre 2006, de se retrouver totalement et pour de longues heures dans le noir, c’est grâce à l’organisation intégrée d’EDF et l’efficacité du système électrique de l’entreprise publique qui a su réagir à temps et faire preuve d’un grand professionnalisme.
Cette panne - qui a plongé dans le noir durant environ une heure dix millions d’européens et cinq millions de Français - est-elle due à une sous-production d’électricité ou à un sous-investissement dans les réseaux de transport d’électricité ? Ce qui est certain c’est que des investissements massifs pour augmenter la capacité de production et de transport de l’électricité sont nécessaires.
En tout état de cause, il faut faire la clarté et la transparence sur ce qui s’est réellement passé, les causes et les conséquences de cette panne, en informant largement les usagers, les salariés de ce secteur et les élus. C’est pourquoi le parti communiste et ses élus demandent l’ouverture d’une enquête parlementaire à cet effet. La réalité des coupures démontre la nocivité de la politique de libéralisation et de privatisation qui pourrait déboucher sur de graves catastrophes humaines, sociales et économiques.
En service public, la règle sociale - pour éviter justement les catastrophes - veut que la production soit supérieure aux besoins pour parer aux situations d’augmentation brusque de la consommation vu l’impossibilité de stockage de l’électricité. Depuis quelques années, les objectifs de libéralisation et de privatisation ont favorisé un sous-investissement générant les situations actuelles de pénurie. Les industriels privés qui arrivent sur ce secteur recherchent des profits immédiats et travaillent à flux tendus.
Ils ne produisent que ce qu’ils estiment pouvoir vendre. Il n’ y a pas de place pour une production supplémentaire préventive qui est non stockable et le plus souvent non vendable. Par ailleurs, ces industriels privés organisent volontairement la pénurie pour faire augmenter les prix de l’énergie en considérant les prix actuels peu profitables.
C’est pourquoi la marchandisation de l’électricité est un non sens social et économique destructeur des conditions d’existence des populations. Cette politique dogmatique fait l’impasse sur le fait incontestable que la politique énergétique doive avoir pour finalité première la réponse aux besoins vitaux de la société et des activités humaines.
De graves événements comparables risquent désormais de se multiplier. Combien faut-il de catastrophes pour comprendre que l’énergie ne doit pas être marchandisée ! Il est vraiment nécessaire de recourir à un moratoire avant début juillet 2007, date de l’ouverture totale du marché aux particuliers. Cela permettra de faire le bilan de la politique de déréglementation en Europe et relancer un grand débat public et démocratique sur la politique énergétique à poursuivre pour répondre aux besoins.
Cet accident confirme la nécessité de construire un pôle public de l’énergie réunissant entre autres EDF et GDF 100 % public.
Il pose aussi en grand l’exigence d’une réponse européenne pour le droit à l’énergie qui passe par la création d’une agence européenne. C’est ce à quoi devrait oeuvrer toute la gauche pour mettre fin à l’entreprise de destruction sociale et économique menée par une droite assoiffée de revanche contre un peuple qui vient de s’opposer majoritairement à l’Europe libérale.
C’est ce à quoi travaillent les communistes en prenant une grande part au grand rassemblement pour une alternative à la marchandisation des besoins humains et sociaux.
C’est ce à quoi travaillent les forces anti-libérales du changement social dans le cadre de la prochaine campagne pour les élections présidentielles et législatives.
L’accès à l’énergie relève des droits fondamentaux de tout être humain pour sa dignité et son développement. Sa production et sa distribution relève donc de la démarchandisation.
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